Julie BRUNEAU et sa fille Ézilda PAPINEAU
(1828-1894)
en 1836, par Antoine
PLAMONDON (1804-1895)
Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
Julie
BRUNEAU naît à Québec le lundi 19 janvier
1795.
Elle
est la neuvième enfant d'une famille aisée, qui
en aura plus de douze.
Son
père est marchand et député, fils d'un marchand
de pelletieries, venu de France, lequel était fils d'un
marchand confiseur.
Sa
mère, née à l'Ancienne-Lorette (près
de Québec) est alors âgée de 31 ans.
Julie
aura pour « galant » notamment Marc Pascal
de SALES LATERRIÈRE (1792-1872), qui sera médecin,
seigneur des Éboulements, conseiller législatif,
époux d'Eulalie Antoinette DÉNÉCHAUD.
Julie
BRUNEAU épouse à Québec, le mercredi 29
avril 1818, Louis-Joseph
PAPINEAU (1786-1871), alors député et l'Orateur
de la Chambre basse du Bas-Canada (soit, dans le langage d'aujourd'hui :
le président de l'Assemblée législative
du Québec). - C'est Joseph-Octave PLESSIS (1763-1825),
archevêque de Québec et conseiller législatif,
qui officie à leur mariage.
Elle
a 23 ans, il en a 31. - Elle est donc alors mineure, car
l'âge de la majorité était encore fixé
à 25 ans, à l'époque.
Julie
et Louis-Joseph auront 9 enfants. Ils n'auraient connu aucune
inquiétude financière, n'eût été
de quelque 8 années d'exil, à comper de 1837.
En
1817, par son père Joseph PAPINEAU, Louis-Joseph est devenu
le seigneur de « La Petite-Nation » (Montebello),
un territoire, situé sur les bords de la rivière
Outaouais et accessible par voie d'eau, à environ 150
kilomètres à l'ouest de Montréal.
Julie
BRUNEAU-PAPINEAU vivra à Montréal (dans le « Vieux-Montréal »
d'aujourd'hui, rue Bonsecours), un endroit qu'elle affectionne
car elle peut y fréquenter plusieurs personnes d'agréables
compagnie, dont des membres de sa famille. Hors de cette ville,
de quelque 30.000 habitants, elle se sentirait bien seule, car
son célèbre époux s'absente trop souvent
et trop longtemps pour ses importantes et nombreuses activités
politiques.
Julie
aime aussi rencontrer son frère Olivier, curé de
Verchères, et sa belle-soeur Rosalie PAPINEAU, qui réside
à plus de 100 kilomètres de Montréal, depuis
1816, au Manoir de St-Hyacinthe, ayant épousé Jean
DESSAULES, un veuf, le seigneur de ce lieu, de 22 ans plus âgé
qu'elle.
En
avril 1829, la famille quitte la maison de la rue Bonsecours
et emménage dans la maison McGillivray, faubourg Saint-Antoine,
« sur la montagne ».
À
l'automne 1837, Julie, son époux et leurs enfants doivent
quitter Montréal à la hâte, car de très
graves événements politiques apparaissent, une
véritable guerre civile se desssine, contre les amis du
gouverneur, un Anglais. Ils se réfugient à St-Hyacinthe,
où leur parenté DESSAULES assurent leur bien-être.
Mais Louis-Joseph doit, à peine quelques jours après,
trouver refuge aux États-Unis, car le gouvernement offre
une fabuleuse somme d'argent à quiconque pourrait s'emparer
de lui et le conduire en prison, étant donné qu'il
avait toujours eu une grande influence politique, jusqu'auprès
de la population peu instruite, et qu'il avait coutume, dans
ses nombreux discours, de dénoncer les décisions
du gouverneur et de ses amis conseillers.
Au
début de juin 1838, pour plus de sûreté et
après plus de 6 mois de séparation, Julie rejoindra
son époux en exil, aux États-Unis, puis en France
l'année suivante.
Se
sentant maladive et peu heureuse en exil, fût-ce à
Paris, elle reviendra cependant au Canada à l'été
de 1843, trois ans avant lui, après 5 longues années
d'absence.
C'est
le libraire montréalais Édouard-Raymond FABRE (1799-1854),
un indéfectible ami de Louis-Joseph PAPINEAU, qui alors
en voyage en France la raccompagne de Paris à Montréal,
par Boston. (D'après le journal de voyage d'Édouard-Raymond
FABRE, intitulé « Livre de notes »,
section "Rare Books", bibliothèque de l'Université
McGill, Montréal.)
Au
retour de son époux, au printemps de 1846, la situation
politique s'est calmée depuis quelques années et
le gouverneur a amnistié PAPINEAU.
Mais
Louis-Joseph PAPINEAU, réélu député,
se sent dépassé par les évènements
et la nouvelle situation, si différente, et il est donc
ignoré par les nouveaux dirigeants politiques et par le
clergé aussi, parce qu'il se montre très anticlérical.
Il finit par quitter la politique, en 1854, et décide
d'aller vivre dans sa seigneurie, où il se fait construire
un superbe manoir.
Julie
l'y rejoint, mais elle s'ennuie beaucoup dans ce lieu, en pleine
nature, et préfère retourner vivre en ville, à
Montréal, plus près de ses amies, de ses enfants
et de sa parenté.
Son
Louis-Joseph se plaît beaucoup à Montebello, dans
sa seigneurie, qu'il développe, et où de nombreux
anciens amis viennent souvent lui rendre une agréable
visite.