(1786-1871) une esquisse biographique |
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Les cousins maternelsPar sa mère, Louis-Joseph PAPINEAU aura 3 cousins avocats et célèbres, dont 2 plus âgés que lui. Les voici.
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À l'âge de 10 ans, en 1796, Louis-Joseph PAPINEAU commence ses études classiques (humanités gréco-latines) au Collège St-Raphaël, de Montréal, et les poursuit, à compter de 1802, au Petit Séminaire de Québec. Puis, après avoir considéré le notariat, il fait sa cléricature en droit chez son cousin l'avocat Denis-Benjamin VIGER et il est reçu avocat le jeudi 3 mai 1810, à l'âge de 23 ans. C'est une profession qu'il n'exercera que par intervalles, car l'appel politique lui sera tôt et toujours prioritaire et accaparant : il fera partie de la deuxième génération d'hommes politiques canadiens.
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En juin 1808, Louis-Joseph PAPINEAU, à l'âge de 21 ans, donc avant d'être reçu avocat, est élu député du comté de Kent (Chambly) à l'Assemblée du Bas-Canada, en même temps que son cousin Denis-Benjamin VIGER. C'était durant le « règne de terreur » (1807-1811) de Sir James Henry CRAIG (1748-1812), tyrannique gouverneur général nommé par Londres. En 1812, il est aussi capitaine de milice (depuis le régime français, tous les hommes valides doivent s'entraîner dans la milice) et son bataillon se tient prêt à affronter les envahisseurs des U.S.A. En mai 1814, Louis-Joseph devient propriétaire de la maison de son père, rue Bonsecors à Montréal, et il est réélu député, mais cette fois dans le comté de Montréal-Ouest, qu'il représentera jusqu'en 1832, y succédant à son père, qui a cessé en 1804 de se représenter.
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Le leaderEn 1815, Louis-Joseph PAPINEAU n'a pas 30 ans que, déjà, son éloquence, son assurance et sa popularité le font émerger du groupe des jeunes nationalistes et lui valent d'être choisi comme chef unique du « Parti Canadien ». Ce partie, créé vers 1805, publie le journal « Le Canadien » depuis le 22 novembre 1806. Ce journal est dirigé par Pierre BÉDARD, que le gouverneur CRAIG fait arrêter en 1810. Ce parti politique prône la responsabilité ministérielle, la fin du favoritisme et l'accroissement du pouvoir des élus; il deviendra, en 1826, le « Parti Patriote ». En 1815 aussi, Louis-Joseph PAPINEAU est choisi par ses pairs, les députés, comme « Orateur de la Chambre-Basse du Bas-Canada », une traduction malhabile de "Speaker", c'est-à-dire « président » de l'Assemblée législative (celle des députés) du "Lower Canada" (Bas-Canada, territoire du Québec). Il accomplira cette éminente fonction durant plus de 20 ans (de 1815 à 1837, sauf en 1823-1824). Sa rétribution pour cette fonction est généreuse, de 1.000 livres par année (4.000 $), à compter de 1817. En tant que tribun doué, il est aussi adulé des foules, car il ne manque jamais de brillamment s'insurger contre les abus du gouverneur et de ses amis, les non-élus désignés à la Chambre-Haute (le « Conseil législatif »), qui rejettent trop souvent les décisions de la Chambre des élus, et qui est formé de « vieillards malins » (selon l'expression de PAPINEAU). En 1817, Louis-Joseph PAPINEAU se rend en visite aux États-Unis (U.S.A) et y rencontre des notables. C'est le 24 avril 1818, pour la somme de 500 livres (2.000$ du temps), qu'il achète de son père la seigneurie de « La Petite-Nation », sur l'Outaouais, que le père avait acquise en 1801 et 1803 du Séminaire de Québec. |
![]() Louis-Joseph PAPINEAU qui préside l'Assemblée des élus du Bas-Canada Lithographie de Robert A. SPROULE, Archives nationales du Canada, Ottawa (négatif C-5462, 1832) On remarquera, tout au long de sa vie, sa chevelure abondante à bon épi frontal : tous s'entendront pour parler du « petit coq à Papineau », une expression humoristique faisant aussi allusion à son rôle dominant sur les tribunes ! Jusqu'à nos jours, l'expression sera aussi appliqué, mais comme remontrance alors, aux enfants ou à toute autre personne cherchant à dominer : « Ne fais pas ton p'tit coq à Papineau ! » L'expression « avoir la tête à Papineau » signifie, pour le peuple, « être doué d'une grande intelligence ». Exemple : « Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre cette situation. » |
Le mercredi
29 avril 1818 Louis-Joseph PAPINEAU épouse à
Québec Julie
BRUNEAU.
Il a 31 ans, elle en a 23. Il est majeur et elle est mineure
car, à l'époque, la majorité est atteinte
à 25 ans.
C'est Mgr Joseph-Octave PLESSIS (1763-1825), archevêque de Québec et conseiller législatif, qui officie à ce mariage de ce déjà prestigieux politicien à cette fille d'un député et riche commerçant de Québec.
![]() Louis-Joseph PAPINEAU, le tribun populaire par Octave-Henri JULIEN (1852-1908), reproduction à l'aquarelle sur crayon d'un dessin de Charles William JEFFREYS, Archives nationales du Canada, Ottawa (C-073725) |
Le tribunDans les années 1820, Louis-Joseph PAPINEAU, maîtrisant parfaitement les pratiques parlementaires britanniques et rendu désabusé, se radicalise : il n'hésite plus à utiliser la tactique de l'obstruction parlementaire, à faire retarder l'entrée des recettes et le paiement de la liste civile (liste des gens rétribués par le gouvernement); cela, pour lutter contre les politiques de la classe commerciale anglaise, dont il met en évidence le mépris à l'égard des Canadiens français. Il encourage du même coup ses concitoyens à boycotter les produits importés, qui enrichissent ces marchands Anglais et générent des taxes allant au pouvoir Anglais établi, qu'il nomme « la Clique du Château » (le gouverneur et ses amis, majoritaires à la Chambre-Haute) et que les élus du Haut-Canada appelleront le "Family Compact". Il incite les gens du peuple à, notamment, confectionner eux-mêmes tous leurs vêtements, et à n'utiliser que leur propre « étoffe du pays », plutôt que de recourir à des lainages importés d'Angleterre. En 1823 (de janvier à fin novembre) il est, avec John Nielson, délégué en Angleterre par les députés pour s'opposer vivement au projet d'union (annoncé en 1822) des 2 colonies, celles du Haut- et du Bas-Canada. Partant de New York sur un voilier, il revient sur un navire à vapeur, après une incursion de 5 semaines à Paris. Ils obtiendront de Londres l'abandon de ce projet fomenté par le gouverneur et sa clique. Heureusement, car une telle loi aurait eu pour conséquence de diluer considérablement l'influence des élus Canadiens français, dont Louis-Joseph PAPINEAU est le chef incontesté. Dans les années 1830, Louis-Joseph PAPINEAU rend encore plus intenses ses virulentes attaques à l'endroit du Conseil non élu et de l'autoritarisme impérial et il prône l'établissement d'une vraie République et l'indépendance du Bas-Canada. En 1834, c'est l'écrasante victoire électorale et l'accentuation du boycott et de l'obstruction politique, dans l'espoir d'arracher des réformes de la part de Londres. Louis-Joseph PAPINEAU atteint le faîte de son prestige en faisant adopter « Les Quatre-vingt-douze Résolutions », un liste de revendications politiques des Canadiens français, rédigée par un petit comité de radicaux mais rejetée par le Conseil des non élus, une liste que son cousin Denis-Benjamin VIGER tentera (en vain) de faire valoir à Londres. |
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En 1837, Londres rejette catégoriquement ces revendications (par les 10 Résolutions RUSSELL, de Londres, de février 1834). Le mécontentement populaire s'intensifie, d'autant plus que c'est aussi une période de crise économique.
À cette nouvelle, connue le 18 avril 1837, PAPINEAU commence à perdre le contrôle des événements.
Il participe à de nombreuses assemblées : le lundi 15 mai à St-Laurent, le lundi 17 juillet à Napierville...
Le lundi 23 octobre 1837, à St-Charles-sur-le-Richelieu, il adresse la parole à quelque 4.000 concitoyens enflammés, dans un des 6 comtés (Richelieu, Saint-Hyacinthe, Rouville, Chambly, Verchères et l'Acadie) où des « patriotes » ont plus ou moins déclaré l'indépendance politique et décidé de recourir aux armes, « au besoin ».
![]() réalisée en 1890-1891 par le peintre Charles Alexander SMITH (1864-1915) « L'Assemblée des six comtés [de la vallée du Richelieu] » ( où l'on voit Louis-Joseph Papineau haranguer la foule, à Saint-Charles-sur-le-Richelieu, le lundi 23 octobre 1837 ). cette toile que « la Province de Québec » n'a jamais payée ni accueillie dans ses locaux, la jugeant trop nationaliste, domine aujourd'hui la salle « Je me souviens », salle numéro 10 (inaugurée en 2002), du Musée national des beaux-arts (MNBA) du Québec, à Québec
Historique de cette toile( par Robert
DEROME, Charles Huot et la peinture d'histoire au Palais
législatif de Québec (1883-1930), En 1890, Raymond Préfontaine [(1850-1905)], député de Chambly, se rend à Paris où il rencontre Charles Alexander Smith [(1864-1915)]. L'artiste narre une aventure dont il vient d'être victime. Ayant gagné une médaille lors du dernier Salon, le jury, par méprise, l'a fait parvenir à un peintre américain du même nom. En guise de consolation, Préfontaine fait des offres de service à l'artiste. Smith les accepte d'emblée et propose de peindre une scène historique. On tombe d'accord sur L'Assemblée des six comtés [ci-haut] tenue à Saint-Charles - sur [- le] - Richelieu en 1837 par les patriotes. De passage à Paris, le premier ministre [de la Province de Québec] Honoré Mercier [(1840-1894)] voit cette toile, quelques jours avant qu'elle ne soit exposée au Salon. Il fait mander l'artiste, et tout en louant son talent, lui suggère d'atténuer le ton des inscriptions peintes sur les bannières. En supprimant toute sentence offensante, l'oeuvre deviendrait acceptable aux membres de l'Assemblée législative. Un malencontreux changement de gouvernement décevra à la fois le client et l'artiste. Le nouveau premier ministre [de la Province Québec], Charles[-Eugène] Boucher de Boucherville [(1822-1915)], élu en 1891, refusa de payer l'oeuvre [destinée au Palais législatif, aujourd'hui l'Hôtel du gouvernement] « sous prétexte que le sujet était trop révolutionnaire ». Le tableau fut tiré au sort en décembre 1895 au Monument National de Montréal. Propriété de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1901, ce tableau fit son entrée au Musée du Québec en 1937 [devenu au XX1e siècle le MNBA]. Roulé, à l'abri des regards dans un entrepôt, il n'a jamais été décrit ni photographié depuis [durant près de 57 ans, jusqu'en 1995]. |
Le 23 novembre 1837, le soir de la bataille de St-Denis-sur-le-Richelieu, la première grande bataille et la seule victoire des Patriotes, n'ayant pu calmer les esprits qu'il avait contribué à réchauffer, quoique n'étant pas des plus radicaux qui avaient décidé le recours aux armes, Louis-Joseph PAPINEAU décide de fuir aux États-Unis : à Albany, New York, Philadelphie, où il réclamera (en vain) des armes et des hommes en faveur des rebelles.

Le mercredi 29 novembre 1837, sa tête est mise à prix pour 1.000 livres (4.000 $, alors le prix de 400 peaux de loups), par proclamation du gouverneur, Lord Gosford, « pour haute trahison ». Mais PAPINEAU est déjà rendu au Vermont ! Son fils Amédée le rejoindra peu après, ainsi que plusieurs autres patriotes. - Le mardi 5 décembre 1837, la loi martiale est promulguée partout au Bas-Canada et au Haut-Canada.
Son épouse, réfugiée à Verchères chez son frère, le curé du lieu, chez qui réside leur mère veuve, puis à St-Hyacinthe chez sa belle-soeur Rosalie PAPINEAU, seigneuresse DESSAULLES, le rejoint aux États-Unis en juin 1838.
Après l'échec de la deuxième insurrection, Louis-Joseph PAPINEAU partira le 8 février 1839 de New York pour Paris. Son épouse l'y rejoindra l'été suivant. Il débarque au Havre le 7 mars 1839. Mais il ne pourra y obtenir d'appui à sa cause : le roi LOUIS-PHILIPPE (1773-1850) en est à se rapprocher de l'Angleterre, sous l'influence de feu l'ambassadeur TALLEYRAND (1754-1838).
Ses goûts de liberté et son prestige lui donne cependant accès, par Jacques LAFITTE (1767-1844), à une société libérale, dont Félicité Robert de LAMENNAIS (1782-1854) et Alfred de VIGNY (1797-1863). C'est d'autant plus intéressant pour Louis-Joseph, que ce de VIGNY avait épousé une Anglaise et venait de rencontrer à Londres Lord DURHAM (1792-1840), l'auteur d'un rapport (paru en 1839), qui proposait l'Union des 2 Canadas et, de surcroît, l'assimilation des francophones du Canada...
Louis-Joseph PAPINEAU s'insurge au loin (sans résultat) contre l'Acte d'Union des Deux Canadas, promulgué en 1841.
Son épouse, Julie BRUNEAU, malade, revient au Canada avant lui, à l'été 1843.
Prudent, PAPINEAU, avant de revenir au pays, veut s'assurer que tous les déportés seront amnistiés et qu'une bonne loi sera votée sur les jurés. Le Nolle prosequi proclamé en 1843, qui empêche les poursuites contre les anciens patriotes exilés, le réjouit mais ne le satisfait pas entièrement.
Bénéficiant de l'amnistie générale proclamée en 1844 par les nouvelles autorités , Louis-Joseph PAPINEAU quitte Paris le 15 août 1845 et arrive à Londres le 18 août, se rend à Dublin, puis le 4 septembre il quitte Liverpool pour Boston, sur le "steamer" Britannia, et, après un séjour à New York, il retrouve son fils Amédée venu à sa rencontre à Saratoga, et à St-Jean - sur - le - Richelieu (un poste-frontalier Canada-U.S.A., à l'époque) son épouse, leur fils Lactance, son frère Denis-Benjamin et son neveu Louis-Antoine DESSAULES. Il visite les parents et amis de St-Hyacinthe, Verchères et L'Assomption, puis il arrive à Montréal le 9 octobre 1845, où il reçoit plein d'amis. Il se rend avec son frère Denis-Benjamin, la semaine suivante, à sa seigneurie de la Petite-Nation. Au retour, il emménage sa famille, temporairement, sur la rue Craig, durant les travaux qu'il fait effetuer à leur logement de la rue Bonsecours, qu'ils avaient fait louer durant l'exil. Louis-Joseph passe l'été et l'automne 1846 dans sa seigneurie de La Petite-Nation pour son projet de faire arpenter et d'y faire construire un manoir. Le 20 novembre 1846 il est à New York auprès de son fils médecin, Lactance PAPINEAU (1822-1862), qui y est en convalescence depuis l'été.
La vieux politicienLouis-Joseph PAPINEAU s'intéresse alors à l'Institut Canadien, un cercle d'intellectuels fondé à Montréal en 1844, qui devient sous PAPINEAU et ses fidèles (dont son neveu Louis-Antoine DESSAULLES) un organisme radical (« rouge »), politique (11 de ses membres seront députés en 1854, ayant fondé vers 1848 le « Parti démocratique », mieux connu sous le nom de « Parti rouge »), annexionniste (pronant l'annexion aux U.S.A., présentés comme ayant un système démocratique idéal), laïc et clairement anticlérical... que condamne (en 1858) et fera condamner par Rome (en 1868) l'évêque de Montréal, Mgr Ignace BOURGET, l'ultramontain successeur et ancien co-adjuteur du prude cousin, feu l'évêque LARTIGUE. Louis-Joseph PAPINEAU revient à la politique en janvier 1848. Il est élu député du comté de Saint-Maurice. En 1852, il représentera celui de Deux-Montagnes. Mais il ne retrouvera plus tout son prestige d'autrefois; il n'approuve pas la modération des nouveaux leaders politiques, qui sont de ses anciens partisans, tels les avocats Louis-Hippolyte LAFONTAINE (1807-1864) et Georges-Étienne CARTIER (1814-1873), devenus des réformistes modérés, qui s'accommodent de l'actuelle union des 2 Canadas, mais qui obtiennent dès 1848 l'usage du français (que l'Acte d'Union de 1841 interdisait dans les débats parlementaires) et l'établissement de la responsabilité ministérielle : le conseil exécutif (ou Cabinet) devient désormais dépendant du vote majoritaire de l'assemblée législative. Et Louis-Joseph PAPINEAU perçoit qu'il s'est attiré l'hostilité générale du clergé. |
![]() lithographie du miniaturiste Gerome FASSIO (1789-1851), d'après un dessin d'Antoine MAURIN (1793-1860). Archives nationales du Québec. Collection initiale (P600,S5,PLN15, (03-Q) / 55.111, 1843) |
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Papineau, Louis-Joseph « Personnage
complexe et contradictoire, James
MARSH, |
Ce sera une raison suffisante à l'ecclésiastique historien ou écrivain, le chanoine Lionel GROULX (1878-1967), dans Notre maître, le passé, en 1921, pour le rejeter comme possible « héro national », y dénonçant son anticléricalisme aboutissant au « scandale de ses funérailles purement civiles ». Après avoir passé
en revue moult candidats, l'ecclésiastique Lionel GROULX
ne trouvera d'ailleurs à promouvoir, comme le plus
vertueux héros de notre histoire, qu'un jeune homme,
Adam Daulat, alias Dollard des Ormeaux, dont
nous ne savons presque rien, sinon qu'il a « entendu
la messe » et « reçu la sainte communion »
à Ville-Marie (Montréal) avant son départ
et qu'il est décédé en dirigeant un petit
combat (en 1660) contre de vilains « Iroquois ». Louis-Joseph PAPINEAU ne saurait être pleinement reconnu que dans un Québec souverain, décolonialisé, c'est ce qu'il prônait, ce Québec soit-il ou non associé à un ensemble d'États (le Canada), mais dans une vraie confédération. - Il aurait aujourd'hui, croyons-nous, moins d'admiration pour les U.S.A., vu surtout, depuis le XXe siècle, leur impérialisme écrasant et leur politique de nivellement culturel... |
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| Déiste devenu nettement anticlérical, Louis-Joseph PAPINEAU craint cependant que l'affaiblissement éventuel de l'Église catholique au Canada ne nuise aux Canadiens français (à la survie de leur langue et de leur culture), ces « Canadiens français » dont les ennemis jurés sont alors leurs compatriotes protestants anglophones. | ||
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Louis-Joseph PAPINEAU abandonnera la politique en 1854, dans sa 68e annnée, après plus de 45 ans de carrière. Louis-Hippolyte LAFONTAINE,
qui avait été co-premier ministre (avec Robert
BALDWIN en 1842-1843 et 1848-1851), s'était retiré
de la politique en 1851, à l'âge de 44 ans.
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Au printemps de 1849, une loi était votée pour indemniser ceux qui avaient subi des dommages par suite des Rébellions de 1837 et 1838, ainsi qu'une loi d'amnistie. Mécontents, de nombreux opposants anglophones brûlent complètement l'édifice de l'Assemblée législative, qui abrite aussi la bibliothèque et les archives du Canada-Uni, à Montréal, où le gouvernement du Canada ne siègera donc plus jamais, se transportant désormais en alternance à Toronto (York; en 1849-1851 et 1855-1859) et à Québec (en 1851-1855 et 1859-1865).
Ayant reçu, à la mi-juin 1846, ses arrérages de rétribution comme Orateur, Louis-Joseph PAPINEAU décide de se consacrer à sa seigneurie de La Petite-Nation : il s'y fait construire un superbe manoir (à Montebello, sur la rivière Outaouais) et il s'y réfugie, souvent sans son épouse, qui préfère résider à Montréal.
Histoire de La Petite-NationLes « Algonquins de la Grande Nation » remontaient la « Grande Rivière des Outaouais » et s'appelaient « Kichesipirini » (gens de la rivière aux grands flots) : de « Kitche » (grande) et « sippi » (rivière), «nini » (enfants de, peuple de).
Samuel CHAMPLAIN (~1575-1635), qui n'était pas très doué pour les langues étrangères, avait traduit le nom des Algonquins du cours inférieur de l'Outaouais (les « Oueskasippinini » ou « Oueskanini ») par « gens de la Petite Nation » : de « oueska » (partie inférieure, le bas de), « sippi » (rivière), «nini » (enfants de, peuple de). La tradition fait remonter leur établissement dans cette région avant l'an mille de notre ère. Ils étaient aussi identifiés comme « les gens de la Petite Rivière » (de la rivière de la Petite Nation). Ces Weskanini (Oueskanini) s'engageaient eux aussi sur la Grande rivière, mais ils bifurquaient à l'embouchure d'un affluent (à Plaisance) et se regroupaient autour de la rivière de « la Petite Nation ». Pour éviter le harcèlement des Iroquois, montés du Lac Champlain par le Richelieu (la rivière des Iroquois) jusqu'au fleuve Saint-Laurent, les Weskanini, à hauteur des Trois-Rivières, coupaient par les divers passages menant jusqu'à Nominingue à la source de la rivière de la Petite Nation. Ils n'en furent pas moins victimes, finalement, de leurs ennemis les Iroquois, massacrés par eux près de Nominingue en 1654.
Mgr de Laval (le Séminaire de Québec), premier seigneur de La Petite-NationA Paris, par devant notaire, le 16 mai 1674, la Compagnie des Indes Occidentales concède au premeir évêque de Québec, Mgr François de MONTMORENCY LAVAL, l'immense territoire (près de 185,000 arpents) de la Seigneurie de la Petite-Nation :
Ce premier
seigneur n'en fera rien et il n'y est même jamais venu.
Ses héritiers, pas davantage. Le notaire Joseph Papineau, deuxième seigneur de la Petite-NationCraignant à juste titre d'avoir à remettre à « la Couronne » leur seigneurie inexploitée (le gouverneur Haldimand souligne qu'il n'y a pas de garnison ni de protection à cet endroit), les seigneurs ecclésiastiques décident de vendre leur seigneurie.
Les débuts de la colonisation, en 1805En 1804, le notaire Joseph Papineau vient d'abandonner son poste de député et s'occupe désormais lui-même de sa seigneurie. Le 9 septembre 1805, arrive le tout premier colon chargé de bâtir une résidence au seigneur : Antoine DUPUY dit COUILLARD. Le seigneur engage deux autres travailleurs et, en 1807, 19 colons s'y installent « sur la rive de la rivière des Outaouais ». Les Papineau s'y installent
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![]() d'un tableau de son gendre, Napoléon BOURASSA (1827-1916) Musée national des Beaux-Arts du Québec, Québec |
En 1854, le gouvernement, aidé d'experts tel l'avocat Cyrille DELAGRAVE (1812-1877), fils de l'orfèvre François DELAGRAVE et de Geneviève AMIOT (une cousine germaine de Julie BRUNEAU - PAPINEAU), passe une loi liquidant le régime seigneurial.
Louis-Joseph PAPINEAU en est chaviré, mais il en touchera quelque 89.000 $ comptant en 1861 (une somme fabuleuse, à l'époque !), tout en y conservant certaines rentes seigneuriales (le règlement final, la dissolution complète, du régime seigneurial n'aura lieu que 81 ans plus tard, en 1942).
![]() et Louis-Joseph PAPINEAU (lithophotographie, parue dans un journal de l'époque) |
Son épouse, Julie BRUNEAU, décède à Montebello le 18 août 1862, à l'âge de 67 ans. Il en a 75.
La plupart de ses enfants décèdent aussi avant lui.
Louis-Joseph PAPINEAU décède à Montebello le 23 septembre 1871, à l'âge de 84 ans.
Son fils aîné et homme de loi, Amédée PAPINEAU (1819-1903), âgé de 52 ans, fera respecter les dernières volontés de son bien-aimé père et lui succédera comme seigneur de La Petite-Nation.
Ainsi
vécut cet arrière-petit-fils du soldat Samuel PAPINEAU dit
DE MONTIGNY,
de la compagnie d'ANDRESY,
un siècle après son arrivée en Nouvelle-France,
de Montigny, Poitou (aujourd'hui LaForêt-sur-Sèvre,
Deux-Sèvres).
Louis-Joseph PAPINEAU (1786-1871),
avocat, député, orateur (président des débats), tribun, seigneurPÈRE : Joseph PAPINEAU (1752-1841),
arpenteur, notaire, agent seigneurial, député, seigneurGRAND-PÈRE PAPINEAU : Joseph PAPINEAU (1719-1785),
cultivateur, tonnelierARRIÈRE-GRAND-PÈRE PAPINEAU : Samuel PAPINEAU (av.1670-1737),
soldat, cultivateur, migrant, arrivé en Nouvelle-France en 1688,
dit DE MONTIGNY à son mariage, en 1704TRISAÏEUL PAPINEAU (pas venu en Nouvelle-France) : Samuel PAPINEAU (av.1650-),
commerçant à Montigny, Poitou (aujourd'hui LaForêt-sur-Sèvre, Deux-Sèvres)
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Voir :
Date de la dernière modification : 24 juin 2006 URL : http://www.da-go.com/-monographies/PAPINEAU_Louis-Joseph.html |