Argenton-sur-Creuse, un relais sur la plus
importante grand route du Berry, accueille, au seizième
et dix-septième siècles, de nombreuses familles
qui surent y obtenir et conserver pendant des siècles
un rang honorable dans la société du bourg, y acquérant
des charges publiques et s'alliant l'une à l'autre. Chacune
de ces familles peut compter des prêtres, des officiers
ministériels et des marchands, mais aussi, durant plusieurs
générations, des officiers de justice et des membres
de professions libérales. La Famille Delagrave est durant plusieurs siècles
l'une de ces familles bourgeoises d'Argenton, comme le reconnaît
l'archiviste Eugène Hubert dans son ouvrage sur le Bas-Berry.
L'actuel
Département de l'Indre (36).
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N o s D e l a g r a v e s o n t B e r r i c h o n s
d ' A r g e n t o n - s u r - C r e u s e.
Notre ancêtre Louis Delagrave est
né le 17 décembre 1739 à Argenton-sur-Creuse,
deuxième enfant de Gabriel Delagrave, Praticien (procureur
judiciaire) et Négociant, et de Jeanne Legrand, issue
elle aussi d'une famille de marchands d'Argenton-sur-Creuse.
Louis a un frère aîné, André, qui
choisit la prêtrise, et un frère cadet, Étienne,
qui sera Marchand, ainsi que deux soeurs, Jeanne, Marchande dans
leur ville natale, et Marie, la benjamine.
Nous ne savons pas encore pourquoi ni quand ce
Louis Delagrave, Marchand, émigre au Canada. Mais nous
avons la preuve qu'il y est en 1765, au début du Régime
anglais, quand il obtient à 25 ans, par acte notarié,
la permission de ses parents de se choisir une épouse
au Canada. En juin 1767, à l'âge de 27 ans, il épouse
à Québec Marie Jeanne dite Marie-Madeleine
Drolet, 20 ans, la fille aînée d'un forgeron de
l'endroit. Il résidera avec sa famille à Québec,
où il sera aussi sub-baillif, de 1768 à
1774, puis à Trois-Rivières, à compter de
1774, opérant différents commerces à l'un
ou l'autre endroit.
À la toute fin du siècle, sexagénaire
ou presque, il séjourne un temps sur l'Île de Montréal,
où avec ses deux fils aînés encore célibataires
il signe en juillet 1799 l'adresse de reconnaissance au Gouverneur
sortant, Robert PRESCOTT, et assiste en novembre au mariage de
son fils puîné, Louis Benjamin, commerçant,
avec la fille d'un négociant et soeur du prêtre
qui bénit cette union. Louis termine ses jours dans la
seigneurie de Rouville où résident ses quatre enfants
survivants. Il décède auprès des siens à
St-Mathias de Rouville le 2 mai 1805, à l'âge de
65 ans. - Son épouse, Marie Drolet, lui survivra
35 ans, atteignant l'âge de 93 ans.
En moins de deux siècles et demi de l'arrivée
de Louis au Canada, ses descendants ont couvert le Québec
et se sont aussi implantés ailleurs au Canada ainsi qu'aux
États-Unis d'Amérique.
Les DELAGRAVE d'Amérique sont certes aujourd'hui
plus nombreux à porter ce patronyme que les DELAGRAVE
de France, leurs cousins.
Louis DELAGRAVE et son épouse, Marie Jeanne
dite Marie-Madeleine DROLET, sont les ancêtres présumés
de tous les Delagrave d'Amérique.
L'histoire des différentes branches de
la Famille de Louis Delagrave s'inscrit en filigrane dans celle
du Québec et de l'Amérique : elle compte des
personnages illustres, des personnalités hautes en couleur
et des personnes au destin plus modeste. Cette histoire nous parle de nos origines
et de l'évolution de la société. Elle nous
rafraîchit la mémoire.
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