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Numéro
Sosa : 384
Robert FASCHE est né le mercredi 29 octobre
1670 à Charlesbourg (Québec), au « village
St-Joseph » de Charlesbourg (Orsainville), un «
village » sans église, dont les terres sont orientées
nord-sud, tout juste à l'ouest du carré des terres
disposées en étoile.
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Aujourd'hui,
ce « village St-Joseph » comprend, au niveau
de Charlesbourg, l'autoroute menant au Saguenay - Lac-St-Jean
et les terres qui lui sont contiguës à l'ouest, de
part et d'autre du boulevard St-Joseph.
Les terres sises du côté
sud de ce boulevard, dont celle de Nicolas Fâche, s'étendaient
jusqu'à l'autoroute de la Capitale, qui fut construite
sur les bas-fonds marécageux où ces pionniers pouvaient
en tout temps, arquebuse en main, aller chasser sans permis le
canard sauvage !
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Robert Fasche est l'enfant
légitime de Nicolas FASCHE, âgé de
28 ans environ, et de Catherine SURET, âgée
d'environ 19 ans. Robert est leur premier enfant.
Il est baptisé le lendemain,
jeudi, tel que l'indique le registre de la paroisse Notre-Dame
de Québec. - Les registres de Charlesbourg n'ouvriront
qu'en 1679. Ce sera la paroisse St-Charles-Boromé, qui
couvrira tout Charlesbourg.
Le parrain : Robert PÉPIN,
âgé d'environ 31 ans, maître couvreur d'ardoise,
de Grisy, Normandie (Calvados 14) qui, dans 6 jours, épousera
Marie CRÊTE, âgée de 13 ans.
La marraine : Françoise DESCHAUST, âgée
d'environ 50 ans, de Lubersac, Limousin (Corrèze 19),
épouse de Louis CHAPELAIN dit LETOURNEUR, 53 ans, maître
tourneur et menuisier, de Poitiers, Poitou (Vienne 86).
L'officiant : Jean DUDOUYT, âgé d'environ
34 ans, de Normandie (Manche 50), ordonné prêtre
voilà 12 ans.
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Ce lieu, Charlesbourg,
fut fondé en 1665 dans cette partie de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges,
appartenant aux Jésuites, qui forme un plateau au nord
de Québec, au pied des Laurentides.
C'est l'intendant Jean Talon
qui, bousculant les Jésuites et s'emparant de leur plan
et de cette partie septentriononale de leur segneurie, y fit
appliquer la convergence des terres (disposition en étoile...)
et l'obligation de construire chacun son habitation près
du trait-carré central (qui contiendra l'église,
le cimetière, le moulin seigneurial et le pâturage
communal). Il en résulte que les habitants, ainsi agglomérés,
pourront mieux se défendre contre les éventuelles
attaques des Agniers (Mowaks), ces irréductibles
Iroquois.
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Le lundi 24 février
1687, devant le notaire GENAPLE, son père le confie pour
2 ans au service de Jacques LEBER (riche marchand de fourrure
montréalais, d'environ 55 ans, beau-frère de Charles
LEMOINE et père de 5 enfants dont Jeanne la recluse volontaire),
moyennant 60 livres par année, nourri, logé. Robert
a 16 ans.
À huit jours de ses
24 ans, le jeudi 21 octobre 1694, devant le notaire Louis CHAMBALLON,
Robert FÂCHE acquiesce à un contrat de mariage avec
Françoise LEBLANC, âgée de 20 ans.
Il y aura rupture de fiancailles et chacun se mariera
de son côté dans 2 ans. - Cette native de
Charlesbourg épouse à cet endroit, le lundi 7 janvier
1697, Pierre GUILBAULT, veuf d'environ 50 ans (ayant 2 enfants
mariés et un fils élibataire de 22 ans). Mais il
décède dans l'année, le 5 octobre suivant.
Elle épousera, 14 ans plus tard, Pierre JOUBERT, deux
fois veuf, 41 ans, le mardi 9 février 1712. Il décédera
dans les 10 ans. Elle ne semble pas avoir eu de postérité
lui survivant.
Robert FÂCHE épouse
Catherine CADIEUX, fille de défunt Jean-Baptise
CADIEU, serrurier, et de Marie VALADE, le samedi
1er décembre 1696 à Montréal, paroisse Notre-Dame.
Il a 26 ans. Elle en a 16.
L'acte de mariage
Les époux du jour n'ont
pas jugé bon de faire rédiger un de contrat de
mariage; par défaut, ils seront donc soumis à la
coutume de Paris.
L'acte de mariage, au registre de la paroisse (Notre-Dame) de Montréal,
dit que l'épouse est âgée de 17 ans - c'est
anticiper de 3 mois : elle fut baptisée à
Montréal le lundi 4 mars 1680 et elle est sans doute née
le jour même, la veille ou très peu de jours avant.
Nicolas FASCHE et Catherine
SURET, père et mère de l'époux, ne sont
pas présents; ils sont restés au village St-Joseph
(Petite-Rivière) de Charlesbourg (Bourg-Royal, à
60 lieues ou 150 milles, 240 kilomètres de là),
où ils résident depuis leur mariage, le lundi 7
octobre 1669. Mais il est certain qu'ils approuvent ce mariage
avec une nièce « montréaliste »
de leur voisin et ami Guillaume VALADE.
Deux militaires sont les témoins
de Robert FÂCHE : Étienne CHARPENTIER
dit ST-LAURENT (âgé de 40 à 55 ans, veuf
de Charlotte CHEVALIER, sans enfant, arrivé il y a au
moins 7 ans, sergent de la compagnie de M. de ST-OURS) et Pierre
LEGRAS (âgé de 31 ans, époux de Marie
Anne RIVAULT, sans enfant, arrivé de Dieppe il y a au
moins 6 ans, soldat de la compagnie de Monsieur [Daniel d'AUGER]
de SUBRECASSE, major des troupes de la Nouvelle-France).
Philippe BOUDIER (ou BOUTIER; beau-père de l'épouse)
et Jean BOUVIER, beau-frère de l'épouse
y assistent et sont les témoins de Catherine CADIEUX.
L'officiant est René
Charles de BRESLAY, prêtre Sulpicien (âgé
de 38 ans, arrivé il y a 2 ans).
Il ne nous informe pas sur la publication canonique des bans
de mariage.
Il ne fait encore signer personne. Il écrit (nous ajoutons
les accents aigus) que « l'époux et l'épouze
et les dits témoins ont tous déclaré ne
sçavoir signer »; est-ce vraiment
le cas ? ...leur a-t-il offert de signer ?
Cet officiant commet un
lapsus : il écrit Philippe « BOUVIER »
au lieu de Philippe « BOUDIER ». - Quant
à Jean BOUVIER, 27 ans, il vient d'épouser, le
mercredi 26 septembre précédent, Marguerite CADIEUX,
âgée de 20 ans, soeur de la nouvelle épouse.
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Jean
CADIEU, pionnier de
Ville-Marie (Montréal),
y est est arrivé en 1653, en même temps que Marguerite BOURGEOYS.
À Charlesbourg, Guillaume VALADE, beau-frère de ce Jean CADIEU, est aussi un voisin et ami de la famille
de Nicolas
FASCHE; ce Guillaume VALADE est le parrain de leur dernier fils,
le jumeau Guillaume
FASCHE, né il
y a 7 ans, en 1689.
La
famille VALADE, originaire
de La Rochelle, hésite comme plusieurs entre le catholicisme
et le calvinisme. Mais elle aura 4 de ses membres en Nouvelle-France,
où le catholicisme (pas d'hésitation possible!)
est la seule religion où la pratique est permise et...
obligatoire!
Robert FÂCHE
choyé à Montréal
Au moment où Robert FÂCHE connut sa rupture de fiançailles,
à l'automne de 1694, la famille de Guillaume VALADE est
assurément intervenue pour lui reparler de la famille
(VALADE-)CADIEUX de Montréal. Il aura le choix :
dans cette famille, les jeunes filles à marier y sont
alors nombreuses : il y en a exactement 4 !
Il n'y aura plus de rupture
de fiancailles pour Robert FÂCHE. Il trouvera ainsi, dans cette famille recommandée,
une deuxième et dernière fiancée. Les deux
familles, celle de Nicolas
FÂCHE et celle de
Guillaume
VALADE, approuvent cette
possible union, qui sera scellée à Montréal,
où habite la future fiancée, à quelque 60
lieues (150 milles, 240 kilomètres) de Charlesbourg.
À la fin d'octobre 1694,
Robert
FÂCHE a 24 ans.
Il lui suffira de se présenter
à Montréal à la fin du printemps prochain,
d'y rencontrer cette Marie
VALADE et son second époux,
Philippe
BOUDIER, et de choisir
avec eux, celle de leurs jeunes filles qui ferait le meilleur
parti :
- Thérèse CADIEUX (24 ans en novembre prochain)
- Marguerite
CADIEUX (20 ans depuis
juillet)
- Marie Anne
CADIEUX (16 ans depuis
juillet)
- Catherine CADIEUX (15 ans en mars prochain).
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Robert FÂCHE choisira Catherine CADIEUX, et réciproquement.
Nous ignorons les dessous
de l'affaire, mais 3 siècles et des poussières
après leur mariage (qui aura eu lieu le samedi 1er décembre
1696), leur nombreuse postérité se souvient d'eux
et de leur parentèle, avec émotion, admiration,
reconnaissance.
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Les proches de Catherine
CADIEUX à Montréal
Catherine CADIEUX est la benjamine
des 10 enfants du premier lit.
À son mariage, à
l'âge de 16 ans, elle a 3 frères (de 12, 25 et 30
ans) et 4 soeurs (de 10, 18, 20 et 24 ans).
Son père est décédé
depuis 15 ans, mais elle eut un beau-père 4 mois plus
tard, Philippe
BOUDIER (ou BOUTIER). Catherine a aujourd'hui 7 frères
et soeurs survivants, parmi les 12 autres enfants de sa mère,
Marie
VALADE :
- Leur soeur aînée,
Marie Jeanne CADIEUX, est décédée
à l'âge de 15 ans; Catherine ne l'a pas connue,
elle n'avait alors que 3 mois; Marie Jeanne aurait aujourd'hui
32 ans.
- Leur frère aîné,
Pierre
CADIEUX, encore célibataire,
à 30 ans, accomplit par contrat depuis 8 ans des voyages
de « traite des fourrures » dans l'Ouest
(les Grands-Lacs, Détroit) en canot (rabaska). Il prévoit
se marier cet hiver, sans pour autant cesser cette lucrative
activité.
- Leur soeur Madeleine CADIEUX,
était fille de la Providence dans la Congrégation
Notre-Dame, mais elle est décédée voilà
bientôt 4 ans, à lâge de 25 ans; elle aurait
aujourd'hui 29 ans. - Cette Congrégation fut fondée
voilà 20 ans, à Ville-Marie (Montréal),
par Marguerite BOURGEOIS, qui est aujourd'hui âgée
de 76 ans et retraitée depuis 3 ans.
- Leur soeur Marie Geneviève
CADIEUX fut tuée par les Iroquois, au « massacre
de Lachine », le 5 août 1689, de même
que son époux de 25 ans, le maître tonnelier André
CANAPLE dit VALTAGAGNE, et sans doute aussi leur unique fille
de 3 mois, Marie CANAPLE, si les Iroquois ne l'ont pas emportée
avec eux pour la faire adopter. Geneviève avait 20 ans,
elle en aurait aujourd'hui 27.
- Leur frère Jean CADIEUX a 25 ans, il est marié depuis
un an à Marie BOURDON, 21 ans, qui attend son premier
enfant dans 6 mois; sa famille réside à Longueuil
et il est lui aussi, depuis 2 ans, un engagé pour l'Ouest
(traite des fourrures).
- Leur soeur Marie (dite Marie Thérèse
Catherine) CADIEUX
a 24 ans et elle est encore célibataire.
- Leur soeur Marie Nicole
CADIEUX, est décédée à l'âge
de 3 ans, voilà bientôt 19 ans; elle aurait aujourd'hui
22 ans.
- Leur soeur Marguerite CADIEUX, a 20 ans et vient d'épouser
Jean BOUVIER, 27 ans, le mercredi 26 septembre dernier.
- Leur soeur Jeanne (dite Marie
Anne) CADIEUX a 18
ans et n'est pas encore mariée.
- Leur frère utérin
Philippe BOUDIER est décédé voilà
9 ans, à 2 jours de célébrer ses 5 ans;
il aurait aujourd'hui 14 ans.
- Leur frère utérin
François
BOUDIER a 12 ans.
- Leur soeur utérine
Françoise
BOUDIER a 10 ans.
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Robert FÂCHE et Catherine
CADIEUX auront douze enfants FÂCHE :
| (1.1) |
Marie Catherine |
21.02.1698
b.21
Boucherville |
14.05.1722
St-Laurent
Jean HERVÉ
dit ST-JEAN
24 ans / ~24 ans |
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| (1.2) |
Mathurin |
04.09.1699
Bourg-Royal
b.04
Charlesbourg |
-
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s.21.12.1712
Montréal |
13 ans |
| (1.3) |
Marie Françoise |
02.08.1705
b.02
Montréal |
11.06.1725
St-Laurent
Jean-Baptiste BOYER
dit LA DÉROUTE
19 ans / ~26 ans |
19.06.1741
Montréal |
35 ans |
| (1.4) |
Philippe |
05.03.1707
b.06
Montréal |
04.08.1732
St-Laurent
Marie Louise ROBINEAU
dit DESMOULINS
25 ans / 20 ans 05.06.1734
St-Laurent
Marie Jeanne JOUBERT
27 ans / 26 ans |
|
|
| (1.5) |
Pierre |
06.11.1709
b.06
Montréal |
-
|
10.11.1709
s.10
Montréal |
4 jours |
| (1.6) |
André |
01.07.1711
b.02
Montréal |
-
|
s.03.08.1711
Montréal |
1 mois |
| (1.7) |
Marie
Angélique |
18.08.1712
b.21
Montréal |
06.11.1730
St-Laurent
François COURSEL
dit CHEVALIER
18 ans / ? |
18.12.1740
Montréal |
28 ans |
(1.8)
Sosa : 192 |
Joachim |
19.09.1714
b.20
Montréal |
08.02.1740
Montréal
Marie Angélique MIVILLE
dit DESCHÊNES
25 ans / 28 ans |
04.07.1788
St-Laurent
Montréal |
73 ans |
| (1.9) |
Maurice |
13.05.1717
b.13
Montréal |
06.01.1741
St-Laurent
Marie Françoise THERME
(TEF/TEUVE) dit LAVERGNE
23 ans / 19 ans |
|
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| (1.10) |
Louis René |
21.04.1720
b.22
Montréal |
? |
|
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| (1.11) |
Marie Jeanne
dite Marie Anne |
11.01.1722
Côte-Vertu
b.12
St-Laurent |
15.01.1740
St-Laurent
Charles MIVILLE
dit DESCHÊNES
18 ans / 26 ans |
|
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| (1.12) |
Pierre |
26.05.1724
Côte-Vertu
b.26
St-Laurent |
-
|
31.05.1724
Côte-Vertu
s.31
St-Laurent |
5 jours |
Avec sa nouvelle épouse,
Robert FÂCHE commence par vivre en banlieue sud de l'Île
de Montréal, à Boucherville, où naîtra
leur premier enfant, Marie Catherine FÂCHE, le vendredi
21 février 1698.
Puis, il la convainc d'aller
résider à Charlesbourg, où tous deux ont
de la parenté, et où naîtra leur second enfant,
Mathurin FÂCHE, le vendredi 4 septembre 1699.
Mais, Catherine CADIEUX se
sent-elle trop loin de ses proches? L'appel de l'aventure, l'attrait
des terres fertiles (à défricher) de l'île
de Montréal, la saison de végétation plus
longue de près d'un mois dans cette région que
dans celle de Québec, plus au nord, tout cela incite les
jeunes cultivateurs et pères de famille à prendre
pied sur l'Île de Montréal.
L'Île de Montréal
est désormais très ouverte à la colonisation,
à cause de la paix imminente qui sera signée (en
1701) avec les Iroquois et autres nations indigènes.
Puis la région est propice
à l'expansion du futur défrichement, par leur fils,
dans la vaste plaine tout autour. Il serait périlleux,
à l'égard de ses descendants à venir, de
s'en tenir aux espaces défrichés, déjà
trop subdivisés.
Dès avant 1705, la famille
s'installe donc, pour de bon, sur l'Île de Montréal,
plus précisément à Côte-Vertu, dans
la future paroisse St-Laurent (territoire de l'actuelle « Ville
St-Laurent »).
Des missionnaires s'y succèdent,
en attendant la fondation canonique de la paroisse et la nomination
d'un curé. Les registres paroissiaux y débuteront
en 1720. C'est là que naîtront les 10 autres enfants
de Robert FÂCHE et de Catherine CADIEUX. C'est aussi là
que se feront les mariages et les sépultures.
Robert FÂCHE aura connu
le décès de 4 de ses 12 enfants et le mariage de
6 de ses enfants. Ils habiteront tous dans les environs.
Ses filles, sauf la benjamine,
auront épousé des soldats.
Il a 2 garçons mariés,
Philippe et Joachim, et un autre, Maurice, qui ne tardera pas
à le faire, qui pourront transmettre le patronyme.
Robert FÂCHE décède
le mardi 17 mai 1740 à la Côte-Vertu (Côte-Notre-Dame-des-Vertus),
en la paroisse St-Laurent, Île de Montréal, à
l'âge de 69 ans.
Catherine CADIEUX lui survit
14 ans et décède le mardi 4 février 1755
à St-Laurent, à l'âge de 74 ans, soit
environ le même âge que sa mère, Marie Valade,
morte 36 ans auparavant, le lundi 9 janvier 1719.
FÂCHE
devint ROBERT
C'est par ce seul couple
que le patronyme FÂCHE
aurait pu être transmis
jusqu'à nos jours
en Amérique francophone.
Mais leurs descendants
patronymiques
porteront un court temps le patronyme ROBERT-FÂCHE,
puis ROBERT.
Ses porteurs n'ont su ni l'écrire
ni en comprendre le sens, et n'ont donc pas pu le défendre
avec ardeur.
Le patronyme original - « DE (LA) FÂCHE » (?) -
devint vite incompris, galvaudé, amputé de sa ou
ses particules (?) et de son accent, fut mollement orthographié,
mal prononcé (surtout dans la colonie de Montréal),
et donc peu à peu remplacé par le beau prénom
que Nicolas FASCHE et Catherine SURET avaient choisi de donner
à leur fils premier-né : ROBERT.
Nous avons un rare exemple
des conditions de conservation intégrale d'un patronyme
à saveur toponymique : celui de la famille DELAGRAVE
mais seulement pour la lignée lettrée, celle de
Louis DELAGRAVE, commerçant et fils d'hommes de loi. Les
officiants l'écrivaient LAGRAVE, mais ses membres le signaient
tous et d'un seul tenant : DELAGRAVE. Durant plusieurs siècles,
ils ont ainsi dû continuer à lutter contre les émondeurs
de particule. Quant à la descendance du soldat illettré
François DELAGRAVE dit ST-FRANÇOIS, arrivé
en Nouvelle-France quelque 30 ans plus tôt, aucun de ses
membres n'a pu conserver le patronyme original.
Quand un patronyme est rare et méconnu,
il semble essentiel, pour le transmettre intact, d'être
lettré de père en fils, de connaître l'histoire
de la famille et la signification du patronyme, de l'écrire
d'un seul bloc et de protester sans délai auprès
de tout tritureur du patronyme.
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